Un personnage de fiction est par essence un personnage en souffrance ! Pas de bon perso, sans tiraillements, sans déraillements, sans traumas…
Pour bien traduire la souffrance dans un scénario et à l’écran, il est important de comprendre ce qu’est la souffrance…
La souffrance est inhérente à la vie humaine. On ne peut pas vivre sans. Dès qu’on arrive au monde, les difficultés commencent avec les angoisses de séparation qui dès le départ nous assaillent (perdre le sein, la mère, quitter sa famille, et toutes les expériences de séparation qui s’échelonnent tout le long de la vie…)
D’un point de vue psy, la vie humaine peut ainsi être envisagée sous l’angle de la séparation et la séparation fait souffrir. A certains moments, cette souffrance peut être paralysante et le sujet ne peut rien en faire et cela le détruit.
Prenons la métaphore du courrier en souffrance : quelque chose en souffrance, en attente d’une adresse qui pourrait le recevoir, l’accueillir, le comprendre.
La souffrance est liée à une accumulation d’éléments qui n’ont pas encore trouvé d’adresse, d’issue.
Les psychopathologies, littéralement les souffrances de l’âme sont l’expression d’un mal-être. Et ce qui peut paraitre étonnant, c’est que d’une certaine manière ce sont au départ des solutions pour traiter la douleur ! Autrement dit, quand on souffre, on met en place inconsciemment des solutions, des défenses, pour ne plus souffrir. Sauf qu’en fait ces tentatives de guérison ajoute une couche supplémentaire de douleur à la douleur originelle.
C’est ainsi qu’un symptôme (par exemple une phobie, des tocs, un délire) est souvent envisagé comme une défense pour se protéger d’une douleur.
Cela crée un paradoxe : ce qui permet de se protéger de la douleur c’est aussi ce qui fait souffrir.
Cependant, on continue d’utiliser ces processus défensifs parce que la douleur dont ils protègent est imaginée comme bien pire que la douleur produite par la solution trouvée. Mais ces solutions sont bien plus des impasses malheureusement.
Quand notre psychisme est débordé par la souffrance et qu’il ne parvient ni à la réguler, ni à la contenir, il existe 3 voies d’évacuation possibles qui vont produire des psychopathologies :
- Par le corps : la douleur psychique peut être évacuée par, dans le corps. Cela peut aller jusqu’à la somatisation grave, mortelle. (Attention toutes les maladies du corps ne sont pas dues à la somation)
- Par le psychisme lui-même qui évacue la douleur psychique à travers des symptômes psychopathologiques. Dans les états extrêmes cela va donner le délire, l’hallucination…
- Par le comportement : conduites psychopathiques, tentatives de suicides et toutes les psychopathologies qui découlent de l’évacuation de la souffrance dans le comportement, par l’agir, le passage à l’acte.
Il n’y a pas de douleur psychique, sans conflit psychique ! Si tous les symptômes sont le témoin d’une défense contre le douleur psychique, ils sont aussi le témoin de la conflictualité qui accompagne cette douleur. Et les douleurs extrêmes auxquelles on est confronté depuis notre venue au monde sont toujours des douleurs qui ont avoir avec des expériences de séparation, de perte.
La souffrance trouve une partie de ces sources dans l’histoire infantile (mais pas que… il faut tenir compte de l’actuel, de la vie d’aujourd’hui). Elle correspond souvent au retour, à la réactivation d’expériences vécues dans l’enfance. La détresse qui fait souffrir c’est toujours celle de l’enfant resté vivant dans l’adulte, celui qui n’a pas pu s’apaiser.
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