#14-Le principe de plaisir… Késako ?

Aujourd’hui, je vais vous dire quelques mots de vulgarisation sur le principe de plaisir

Ouais, je sais, vous vous dites : « On est venu pour rigoler, pas pour une séance chez le psy ! » Mais attendez, vous allez rire. Promis !

En psychanalyse, il y a deux principes super importants : le principe de plaisir et le principe de réalité. L’un ne va pas sans l’autre…

On va commencer par le principe de plaisir. C’est quoi ? Eh bien, c’est ce truc en nous qui dit : « Hé, il faut que je me fasse plaisir, là, tout de suite, maintenant ! » Un peu comme quand tu vois une paire de chaussures Louboutin. Tu sais que tu ne devrais pas, mais ton cerveau est là : « Allez, essaie-les, tu les mérites ! »

C’est un peu comme notre version interne de Patrick, l’étoile de mer dans Bob l’éponge. Lui, il ne pense qu’à manger des burgers. Et nous, eh bien, on pense à tout ce qui nous fait plaisir. 

Imaginez, si on cédait tout le temps au principe de plaisir, on serait tous en train de faire du shopping de luxe, en achetant des trucs qu’on ne peut pas se permettre. 

Mais… il y a un hic. Parce qu’il y a l’autre gars dans notre tête : le surmoi, qui tient compte lui du principe de réalité. Celui-là, c’est un peu le rabat-joie de l’histoire. Lui, il dit : « Hey, attends une minute. Si tu achètes ces Louboutin, tu vas finir avec un compte en banque à zéro et des regrets. Et puis, tu dois payer ton loyer demain ! » 

Le principe de réalité, c’est comme ce pote chiant qui te rappelle que t’as des factures à payer et que tu ne peux pas tout claquer en shopping.

C’est comme si notre cerveau était une colocation avec deux mecs complètement opposés. D’un côté, t’as le gars cool, toujours prêt pour une soirée, prêt à faire la fête et tout. Et de l’autre, t’as le gars super sérieux, avec ses tableaux Excel et ses horaires bien réglés. 

En psychopathologie, et poussé aux extrêmes, ça donne d’un côté une personne qui n’a pas grandi, elle est restée dans l’enfance, toute puissante et elle peut être tyrannique avec les autres pour obtenir tout ce qu’elle veut. De l’autre, ça donne une personne psychorigide (avec un balai dans les fesses, quoi) qui est tellement aux prises avec un surmoi sévère, qu’elle ne s’autorise pas à être dans la pulsion de vie. Elle refoule sans cesse ses désirs et tout ça peut se manifester par des tocs pour ne pas perdre le contrôle. En gros, elle est tyrannique mais avec elle-même…

Et le pire, c’est que ces deux principes se battent en permanence dans notre tête. C’est comme un match de boxe, round après round. D’un côté, t’as le plaisir, qui veut juste profiter de la vie, et de l’autre, la réalité, qui essaie de te garder sur les rails.

D’un côté les « je veux…! De l’autre les  » oui mais non, je dois »…

Quelle est donc la fonction du principe de plaisir et du principe de réalité ? 

L’ensemble de notre activité psychique a pour but d’éviter le déplaisir, la frustration et de procurer du plaisir. Le sentiment de déplaisir crée une quantité d’excitation qu’il peut être difficile de gérer. Répondre aux sirènes de nos désirs, c’est réduire une tension interne parce qu’elle devient trop insupportable. Seulement, le principe de plaisir est dans l’immédiateté, alors que le principe de réalité nous oblige à différer, à retarder le moment de satisfaction quand les conditions seront plus acceptables et en phase avec les contraintes de la réalité. Le principe de réalité est donc un principe régulateur où la recherche d’assouvissement du plaisir/désir n’est pas immédiate mais emprunte des détours et ajourne sa promesse en fonction des conditions imposées par le monde extérieur.

La vie, c’est donc trouver le juste milieu entre les Louboutin et les responsabilités !

Parce qu’au final, c’est l’équilibre entre les deux qui nous permet de ne pas finir comme Patrick, l’étoile de mer, à manger des burgers sous l’océan… ou pire, à dormir dans la rue avec une superbe paire de chaussures Louboutin mais pas de toit sur la tête !

C’est là que dans la fiction, il est intéressant de faire pencher la balance d’un côté plus que de l’autre. Ça peut prêter à des situations aussi bien comiques comme avec Patrick, l’étoile de mer, que tristes ou dramatiques. Je pense à la fille de Vincent Lindon dans D’argent et de sang. Elle ressent un tel malaise intérieur que le seul moyen qu’elle trouve à un moment donné est la fuite dans la drogue pour tenter de soulager ses souffrances. Jusqu’à ce qu’elle admette qu’elle va devoir trouver un autre moyen de les soulager. Car paradoxalement, cette recherche de plaisir immédiat peut très rapidement devenir un gouffre de souffrance.

N’oubliez pas, quand vous travaillez un perso, de vous demander de quel côté penche la balance… Et de montrer le conflit interne et les enjeux qui en découlent… « Je veux ça oui mais… il y a ça en face qui m’en empêche… Pfff… »

Créer de la fiction, c’est créer des frictions…


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