Dans l’univers riche et passionnant de la création de série, il y a des moments où producteurs et scénaristes se retrouvent à un carrefour cherchant la voie qui transformera leurs personnages pour leur apporter une profondeur psychologique, une vérité, une authenticité et une légitimité d’existence.
J’ai eu la chance d’accompagner Odile McDonald, productrice CEO de WildCats Productions, sur un projet passionnant.
Je l’avais rencontrée lors du Forum Séries Mania.
Lors de ce rendez-vous, j’avais eu l’opportunité de lui présenter en détail mon métier de psycharacter. Elle a tout de suite senti l’intérêt et la valeur ajoutée d’une collaboration triangulaire entre producteur, scénariste et psycharacter.
Odile McDOnald a repris contact avec moi après le festival pour me soumettre un de ses projets de série déjà très avancé dans l’écriture.
J’ai lu le scénario avant un grand intérêt et j’ai porté mon attention sur le personnage principal comme s’il était un patient assis en face de moi et que j’écoutais à travers son histoire, à travers ses mots, ce qui se jouait de manière inconsciente dans sa relation à lui-même, aux autres, au monde.
Mon rôle est de m’appuyer sur la matière produite par le scénariste pour analyser en profondeur la psychologie du personnage et proposer des hypothèses de compréhension et d’évolution du personnage.
Mais le mieux, peut-être, c’est de laisser Odile McDonald vous en dire quelques mots. Je lui ai demandé de répondre à quelques questions afin qu’elle puisse témoigner de son expérience et de l’impact concret de notre collaboration.
Stéphanie Cohen de Lara : Bonjour Odile, afin d’éclairer nos lecteurs, pouvez-vous décrire le contexte dans lequel nous avons travaillé ensemble et pourquoi vous avez fait appel à moi en tant que psycharacter ?
Odile Mc Donald: Nous travaillions depuis assez longtemps, avec le scénariste, sur le biopic d’un personnage célèbre. Le scénariste et moi-même avions alors le sentiment de manquer de recul. Nous avions eu des retours de lecture qui pointaient tous sur le fait que nous semblions être « tombés amoureux de notre sujet ». La matière était vaste, le scénariste avait une idée précise de l’angle qui nous intéressait. Je voulais nous redonner de la vision, une impulsion.
SCDL : Et qu’est-ce qui vous a attirée dans le fait de travailler avec moi ?
OMCD : Le trait de caractère majeur de notre personnage principal étant d’une grande importance dans la construction dramaturgique du scénario, j’ai pensé que demander conseil à une psycharacter nous permettrait de valider certaines options tout en nous aidant à pousser plus loin les curseurs.
SCDL : Comment mon expertise psychologique a-t-elle apporté de la valeur ajoutée pour l’écriture du personnage et de l’histoire ?
OMCD : Le scénariste a trouvé des réponses concrètes, des suggestions, et a beaucoup apprécié la fluidité et le sérieux des échanges. Par la suite, nous avons revu le format de la fiction, et le scénariste s’est concentré sur une période et un angle plus restreint dont les options narratives ont été nourries par nos échanges avec vous.
SCDL : Qu’est-ce qui, selon vous, rend mon approche unique et intéressante ?
OMCD : Pour le scénariste particulièrement, le sentiment de pouvoir avoir recours à une ressource qui n’interviendrait pas sur la structure, ou sur la technicité du scénario était un plus. Une boite à outil supplémentaire. Un espace d’échange, d’inspiration et de maturation qui lui laissait toute liberté créative.
SCDL : Comment me recommanderiez-vous à des producteurs et des scénaristes ?
OMCD : Nous sommes dans une industrie de prototype, et chaque projet est unique. Pour ma part, j’envisage de renouveler l’expérience avec vous. Cela pourrait être dès le brainstorm, pour nourrir la création, soit plus tard, lors de la rédaction de la continuité dialoguée par exemple, pour enrichir la personnification des personnages, trouver des points de conflit ou de friction entre eux pour nourrir la dramaturgie ou encore pour valider des idées et les pousser plus loin. Le dialogue avec vous m’a semblé primordial, et c’est ce que nous avons apprécié, le scénariste et moi-même. Après lecture du texte que nous vous avons soumis, et un premier échange sur nos interrogations, vous nous avez remis une analyse très claire, et avais également été disponible pour poursuivre les échanges avec le scénariste par la suite.
SCDL : Merci Odile d’avoir pris le temps de partager votre expérience pour ce numéro de la rentrée du « Divan des Séries ». A bientôt !
OMCD : Avec plaisir Stéphanie, à bientôt !
J’espère que cet entretien avec Odile McDonald vous a éclairé sur l’importance d’une réflexion aboutie de la psychologie des personnages de séries et que je peux être une partenaire précieuse. Mon expertise en psychologie et psychopathologie (je suis psychologue clinicienne, titulaire d’un Master en psychologie clinique) est un levier pour améliorer la construction des personnages et donner du relief au récit, que ce soit dès le début du développement d’un projet ou lorsque l’écriture est déjà bien avancée.
Je remercie Odile McDonald pour sa précieuse contribution à cette édition de rentrée du « Divan des Séries » et je lui souhaite le succès mérité !
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